'Quand on a conscience qu’on fait ce qu’on doit faire, la peur s’envole.'
Mai 1944. Rue Neuve, à Bruxelles. Cette fille, là, toute élégante, avec l’officier allemand derrière, elle n’a pas 23 ans. Un type photographiait les passants puis leur remettait un ticket, vert. Un ami avait été catégorique: «Tu es recherchée, il ne faut pas qu’une photo de toi traîne, tu dois aller la chercher.» La fille se fait appeler Claude Fournier. Elle enlève des enfants, parfois des bébés de huit jours.
a diffusées début juin, sur La Première, elle raconte: «C’était beaucoup plus facile et moins dangereux pour moi, avec mes yeux bleus et mes cheveux blonds.» Que les mamans pleuraient. Que les petits les consolaient. Que «si j’avais été mère, je n’aurais pas pu». Qu’elle promettait de revenir donner des nouvelles, «mais la plupart du temps, quand j’y allais, les parents avaient été pris».